Alors que j'embrasse "seconde chance", je me rends compte que je suis concentré sur son discours, ses attitudes, ses postures dans nos baisers, plus qu'à l'accoutumée ( "... comme tu es sérieux", a-t-elle du me dire) : capturer les nuances de ce qu'elle me confie, comme si je m'était dit quelque chose comme " c'est la dernière fois que tu vois cette femme que tu entends son rire, que tu te coules dans sa voix, alors profites-en, retiens bien ces secondes; plus tard, tu en auras besoin et tu sauras dans quel coin de ton cerveau récupérer ces sensations qui te convaincront que tu as vécu cette joie". ( Je crois que le style de Ellis est approché!). Cette densité me fout sur le flanc et je me demande si il n'y a pas autre chose ( mon alimentation?).
Je plonge dans le sommeil. Je sais aussi que le sommeil est ma fuite, après m'être abruti des différentes façons de générer de la fatigue. Mes pensées de mort reviennent : combien de temps me reste-il? 30 ans? Moins? Ne faut-il pas que je profite de tous ces instants ( miel ou fiel), ( joie et peines), (seul vs couple vs amis) pour préparer mon anéantissement. Je remarque aussi que lorsque j'embarque ces pensées m'accompagnent et que jamais je ne pense autant à la nounette. Je t'aime trop pour vouloir disparaître. Mon étincelle est unique dans l'histoire du cosmos, comme la tienne, comme celle de "seconde chance", comme celles de ses enfants.
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